J'étais allongée sur mon lit, paraissant devant la TV, la fenêtre et les volets à demi ouverts, tout était calme... Bien trop calme. Il y a des moments comme ça où on a besoin de savoir qu'on est pas seul au moment présent, que y'a de la vie autour de nous, que une fois passé le pas de la porte tout s'anime, on respire la vie et celle des autres. J'étais dans un de ces moments-là. Je n'avais qu'une envie: me lever, ouvrir ma fenêtre, les volets et me retrouver sur le balcon de je-ne-sais-pas-quel étage et regarder la rue vivre. Je voulais voir ces gamins qui jouent au foot pendant que leurs mamans discutent. Je voulais voir ces gens qui passent en coup de vent et ceux qui prennent leur temps et la main de la personne qu'ils aiment. Je voulais entendre ces bruits de klaxons, la rumeur qu'un nouveau jour va bientôt se terminer... Comme pour me prouver que le temps passe et que la vie continue. Mais je ne me suis pas levée, j'ai à peine osé regarder par ma fenêtre. Si j'avais suivis cette pulsion, je me serais trouvée nez à nez avec cette ville au loin baignant dans ce crépuscule infini que j'ai l'impression de voir tous les jours et quelque soit l'heure. Comme si ici, le temps n'était rien. Comme si ici, le temps était mort.
Je viens d'aller à ma fenêtre, j'ai ouvert les volets pour dégager la vue et cette fois-ci c'est le crépuscule qui avait succombé pour laisser place à une mer d'étoiles suspendue au dessus de moi et la ville, agissant comme un mirroir en reflèttant toutes ces étoiles sur lesquelles les âmes seules se tuent pour survivre à déposer leurs rêves et leurs espoirs quand celles-ci se mettent à filer. Ma folie a passé à la vue de ce spectacle tellement banal mais tellement beau. Tout était calme, très calme mais certes ça ne le sera jamais trop.